Mariages

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La tradition veut que la noce au grand complet, mariés en tête, défile dans les rues après la cérémonie à l’église, précédée d’un violoniste et d’un trompettiste. Les deux musiciens figurent d’ailleurs sur la photo du mariage.

Défilé de la noce de Georgine Gaultier et Julien Michau en 1912. Les musiciens sont Albert et Aristide Boulommier.

 

Le 10 novembre 1917, mariage à Gommerville de Marius Rebiffé et de Fernande Ronquant

 

Le 15 novembre 1919, mariage à Pussay de René Lamazure et de Abélia Maraby et de

 

Le 17 novembre 1919, mariage à Pussay de Abel Julien Hatton et de Suzanne Drouet

 

Le 20 mars 1922, mariage à Pussay de Robert Souvay et de Thérèse Rebiffé

 

Le 4 octobre 1924, mariage à Pussay de Raymond Julien Mayer et de Madeleine Henriette Pillet

 

Le 5 mars 1925, mariage à Ligny le Ribault de Jacques Félix Samson et Raymonde Yvonne Leroux

 

Le 30 mai 1925, mariage à Pussay de Abel Paul (Roger) Péan et de Renée Fernande Pillet

 

Le 24 juillet 1926, mariage à Pussay de André Lucien Marquiant et de Germaine Louise Pillet

 

6 octobre 1930 – mariage Rebiffé Jacques et Dorge Isabelle

 

Le 7 septembre 1953, un mariage dans la tradition défile dans les rues de Pussay. Les toilettes des jeunes filles sont de couleur claire, celles des dames plus âgées sont de couleur sombre, mais quelles qu’elles soient elles sont superbes et reflètent la mode de l’époque. Le défilé est lui aussi traditionnel : il part de la maison de la jeune fille pour aller jusqu’à la mairie puis l’église.

Mariage de César Leblanc et de Simone Pillet

 

Mariage de Marcel Morère et de

 

mariage

 

Mariage de

 

Mariage

 

Mariage de André Lorillard et de

 

Mariage de

 

Mariage de

 

Mariage de

 

Mariage de

 

Mariage 23

 

Mariage 24 -

 

Mariage Pichard - Ronquant

Mariage Pichard – Ronquant

 

Mariage Sevestre - Ronquant

Mariage Sevestre – Ronquant

 

Mariage Raymonde Polvé - René Legrand

Mariage Legrand Polvé bisMariage Raymonde Polvé – René Legrand

 

Les registres de Pussay commencent le 31 octobre 1604, mais seuls les baptêmes y sont régulièrement inscrits. Quelques mariages sont mentionnés de 1605 à 1609, puis en 1637 et 1638, mais ce n’est qu’à partir de 1660 qu’ils sont enregistrés de façon suivie, encore qu’une interruption survienne de 1679 à 1682. Le tableau ci-dessous montre sur la période considérée, le nombre de mariages célébrés et la moyenne de mariages par an :

Période                        Nombre de mariages               Moyenne

1660 à 1678                           48                               2,53

1683 à 1699                           57                                3,35

1700 à 1724                           73                               2,92

1725 à 1749                           81                               3,24

1750 à 1774                           101                             4,04

1775 à an 7                             122                             4,88

An 8 à 1824                            131                             5,04

1825 à 1849                           169                             6,76

1850 à 1874                           196                             7,84

1875 à 1899                           305                             12,20

L’évolution se fait progressivement jusqu’au dernier quart du 19ème siècle qui voit le nombre des mariages et la population de Pussay exploser, en raison de l’industrialisation du bourg, les jeunes mariés venant de toute la France et principalement du Cantal et de la Corrèze. Ces chiffres, lissés sur un quart de siècle, cachent cependant quelques disparités : il faut ainsi noter une diminution sensible des mariages sur la période 1700-1724 et même un peu plus.

On se marie peu de 1706 à 1738, un, voire deux, quand ce n’est pas aucun mariage. Le début du 18ème siècle est difficile : hivers extrêmes ou grande sécheresse, récoltes aléatoires et épidémies sont la cause de décès en dents de scie, auxquels les mariages emboîtent le pas. Quelques années font exception : 1711-1712, consécutives à de très forts décès les années précédentes, 1719 avec 8 mariages qui ne s’expliquent pas trop, une légère augmentation de 1725 à 1727 suite à une mortelle année 1724 (30 décès), suivie à nouveau d’un pic inexpliqué en 1731 (6 mariages).

Une des explications à ce phénomène est la compensation qui s’opère naturellement après de forts décès : il faut renouveler la population. C’est le cas de l’année 1669 qui enregistre 5 mariages après 22 décès alors qu’il n’y a eu qu’un seul mariage en 1668 et de l’année 1695 qui enregistre 8 mariages après 35 décès en 1694, « grand hiver », récolte catastrophique, épidémies. C’est aussi le cas des années 1711 et 1712 après les terribles hivers 1708, 1709 où 24 et 28 personnes décèdent alors que la moyenne est à l’époque de 16 décès par an, et surtout 1710, année de très grand froid où 74 personnes décèdent à Pussay. Le même phénomène s’observera en 1834 après le choléra des années 1832-1833.

Par contre, cette explication ne s’applique plus pour les années 1719 (8 mariages), 1731 (6 mariages), 1777 (8 mariages) et 1791-1792 (9 et 10 mariages).

Les années 1742 et 1743 semblent marquer une charnière : les mariages sont nombreux, 7 mariages sur chacune de ces années. Il est vrai que les décès, 27 et 29, excèdent la moyenne, mais ces années arrivent aussi après une longue période où il y a eu peu de mariages et semblent annoncer une période plus faste. A partir de 1750, les mariages augmentent et les décès diminuent légèrement. Trois exceptions : l’année 1770, un mariage et 30 décès, l’an 3, un mariage mais il y en avait eu 9 et 10 en 1791 et 1792 et l’an 7 aucun mariage. C’est également l’époque où les métiers du bas prolifèrent. Les jeunes mariés vivent à Pussay, alors que leur famille et leurs parents n’en sont pas originaires, même si cette origine reste encore très proche de Pussay. il est de plus en plus souvent précisé dans les registres que l’un ou l’autre sont domiciliés à Pussay depuis plus de 6 mois ou parfois moins ou encore demeurent de fait à Pussay mais de droit à tel autre endroit.

Sur les six époux de 1752, aucun n’habite Pussay : ils viennent de Monnerville, Méréville, Outarville, Gommerville, Mérouville et Mérobert. Cela reste la proche région, mais atteste d’une certaine circulation. Beaucoup de jeunes femmes sont domestiques à Pussay, étant nées ailleurs, leurs parents étant décédés ou résidant et travaillant dans la ville où elles sont nées. A l’inverse, d’autres parents sont venus travailler à Pussay comme ouvrier en laine, après la naissance de leurs enfants.

Le 19ème siècle est caractérisé par une évolution constante et soutenue des mariages jusqu’à l’explosion des années 1893.

Au début du siècle, cinq années sont à marquer d’une pierre blanche : 1813 à 1817 avec respectivement 12, 1, 9, 11 et 8 mariages, alors que la moyenne de ce début de siècle n’excède pas 5 mariages par an, l’année 1814 s’en démarquant avec un seul mariage. Ce n’est probablement pas un hasard sachant que cette période correspond aux guerres napoléoniennes qui nécessitent depuis quelque temps déjà un nombre important de conscrits.

Au début de l’Empire, le contingent annuel de conscrits se divisait en deux fractions de 30 000 hommes, l’une active et l’autre de réserve. De 1805 à 1809, la conscription appela un nombre encore limité de jeunes gens. A partir de 1810-1811, il augmenta et les années 1812-1813 furent les plus lourdes. Le 1er septembre 1812, un senatus-consulte mobilise 120 000 hommes. Le 11 janvier 1813 un autre senatus-consulte mobilise 350 000 hommes. La loi Jourdan-Delbrel votée par la Révolution, régissait toujours la conscription. Elle avait établi le service obligatoire pour tous les célibataires de 20 à 25 ans. Il semble cependant que sous l’Empire, le mariage devait avoir eu lieu avant la date de promulgation de la levée de la classe.

Cette année-là plusieurs jeunes hommes de 19 et 20 ans se marient ce qui n’est tout de même pas l’habitude chez les garçons à l’époque. Or pour deux d’entre eux, les registres précisent que ce sont des conscrits de 1813 : Germain Marchand, né le 9 novembre 1793, manouvrier, se marie le 9 juin avec Marie Anne Roulleau, 19 ans, domestique ; Jean-Pierre Breton, né le 29 août 1793, ouvrier en laine, se marie le 16 décembre avec Amable Sophie Lemaire, 20 ans.

L’année suivante, il y avait forcément moins de monde à marier et elle illustre ce que nous allons voir s’accentuer ensuite : les soldats, porteurs d’un congé de réforme, renvoyés dans leur foyer comme soutien de famille ou avec une autorisation du sous-préfet pour se marier et parfois même sans permission, se marient. Napoléon abdique en avril 1814 et les conscrits sont libérés. C’est le cas du mariage de 1814, de 5 mariages sur les 9 de 1815 et de 5 également sur les 11 de 1816. L’âge des maris est alors nettement plus élevé qu’en 1813.

Le pic de 1822-23 serait-il lié lui aussi à l’expédition d’Espagne menée en avril 1823 pour rétablir Ferdinand VII sur son trône ou au rétablissement de la conscription par la loi Gouvion-Saint-Cyr de 1818 ? A moins de justifier d’une situation particulière et d’être exempté ou remplacé, le conscrit devait effectuer une période de six ans, portée à sept en 1832 et pendant ce temps il ne pouvait se marier.

Les 14 mariages de l’année 1834 succèdent, quant à eux, à l’hécatombe provoquée par le choléra en 1832-33. Les pics de 1842 et 1846 se constatent sans plus d’explication.

A partir de 1850, le brassage de population déjà constaté s’accentue : les époux peuvent être nés à Pussay mais travailler ailleurs, comme ils peuvent venir d’ailleurs travailler à Pussay. Le profond changement qui s’opère, c’est que ces derniers viennent maintenant de toute la France et même parfois de l’étranger, quelque soit leur sexe, entraînant une augmentation de la population et par conséquent des mariages. Il n’est pas rare de voir un jeune homme débarquer une année de sa province et de constater les années suivantes qu’un ou plusieurs autres, jeunes hommes ou jeunes femmes, arrivent du même coin, voire de la même ville. Ce phénomène est directement lié à l’industrialisation du bourg, puisque ces jeunes sont ouvriers ou ouvrières en laine ou en cuir.

Les pics de mariage des années 1862-63, 1866-67 et 1873 peuvent être liés à des décès plus importants que la moyenne les années les précédant. Ensuite, la population s’accroît considérablement et fait même un bond à partir des années 1890. En 1893 sur les 25 époux, 16 sont ouvriers bonnetiers ou cordonniers, les usines travaillaient à la fois la laine et le cuir. A côté d’eux il y a un musicien dont les bals sont très populaires dans la région, un boulanger, deux charretiers, un clerc de notaire fils d’un ancien fabricant reconverti, deux journaliers, un charcutier, un menuisier. Huit jeunes femmes ont entre 17 et 19 ans. 11 d’entre elles sont ouvrières en laine, 3 sont domestiques, une lingère, une journalière, la profession des autres n’étant pas mentionnée. D’où viennent ces jeunes gens, nous allons tenter d’y répondre.

L’ORIGINE DES ÉPOUX

L’année 1605 voit 3 mariages, dont celui de Jehan Bordeau d’Angerville avec Marie de la Fosse de Pussay, et 3 « congés baillés » à Lucas Compaignon, pour se marier à Jacquette Lesage de la paroisse de P……… ; à Denis Lesage, pour se marier à Jehanne Peigné de Thionville et à Louis Lancien pour se marier à Magdaleine Omoe de Saint-Martin d’Etampes.

5 mariages sont notés en 1606, dont celui d’Estienne de la Vallade avec Françoise de Languedoue et celui de Laurent Lantien de Pussay et Jehanne Leblanc de la paroisse de Saint-Paul d’Orléans dont il est dit qu’il a été administré audit Orléans.

Un mariage en 1607, mais quatre dans le premier semestre 1609, dont ceux de Mathurin Pelletier et de Yolande de Forges en la paroisse de Denonville et de Lubin Geny avec Gillette Leprince d’Intréville.

Dès le début du 17ème siècle, les mariages ne sont donc pas confinés à la paroisse de Pussay, les habitants circulent et les époux peuvent aller se chercher assez loin, la plus grande distance étant Orléans à 50 km. Cela nous rappelle la plainte portée par les habitants auprès de François 1er, dans laquelle ils indiquaient que leur bourg était situé en un pays fertile et bon « auquel y a grand quantite de peuple et plusieurs marchans y affluans et demeurans ». Nous étions en 1546 et les marchands affluaient déjà.

Ensuite l’enregistrement des mariages fait défaut, excepté en fin de l’année 1637 et au début 1638, où 14 inscriptions ont échappé à l’oubli : 9 mariages et 5 certificats pour aller se marier à Gommerville, Janville, Monnerville et Oysonville. Deux époux viennent de Thionville, tout à côté, et un autre est originaire de la paroisse de Bausy, diocèse d’Orléans, autre seigneurie appartenant aux Languedoue et d’ailleurs Jean de Languedoue est présent au mariage.

Dans tout ce qui suit, seule l’origine des époux se mariant à Pussay est prise en compte, ce qui ne reflète bien sûr pas la population entière du bourg. De même que les époux allant généralement se marier dans la ville de leur épouse, peuvent revenir s’installer à Pussay là où se trouve leur travail, de même les époux venant se marier à Pussay peuvent retourner dans leur pays, comme aussi rester sur place. Cette étude permet simplement de constater que la circulation des hommes se fait très tôt et qu’une évolution très nette va se produire au 19ème siècle.

Période 1660-1699

Les registres paroissiaux mentionnent 105 mariages sur cette période, mais ne donnent pas toujours la provenance des époux. Celle-ci est omise pour 28 époux et 33 épouses. Parmi les 77 hommes restants, 31 sont de la paroisse de Pussay, alors que 46 viennent d’une autre paroisse :

–         23 sont originaires de villes de l’ancienne Seine-et-Oise généralement très proches de Pussay, Angerville ou Méréville, mais il faut noter également Authon-la-Plaine, Etampes, Villeconin ou Allainville pour les plus éloignées ;

–         18 sont originaires de l’Eure-et-Loir, toute proche ;

–         5 viennent du Loiret également très proche, Autruy ou Boisseaux.

Les épouses sont essentiellement originaires de Pussay, mais ce n’est guère surprenant puisque, généralement les mariages se font dans la paroisse de la femme. Seules 4 d’entre elles viennent de paroisses voisines : Angerville, Méréville, Andonville et Rouvray-Saint-Denis. L’origine des époux et des épouses reste donc encore très locale.

Le curé de Pussay délivre des certificats à ceux qui se marient dans une autre paroisse, mais peu sont notés dans les registres. Il en remet quatre en 1664 : trois à des hommes pour se marier à Angerville, Gommerville, Monnerville et un à une femme pour Allainville. En 1665, il en délivre à trois hommes pour Moulineux, Intréville et Sours où François de Languedoue épouse en secondes noces Hélène de Compans Becquet. Et en 1666, il en délivre deux : l’un à une femme veuve pour Intréville et l’autre à un homme pour Méréville.

Période 1700-1749

Cette période connaît 154 mariages et toujours quelques provenances inconnues pour 22 époux et 23 épouses. Sur le nombre restant, 74 époux sont de Pussay et 58 arrivent d’ailleurs :

–         ils sont cette fois-ci plus nombreux à venir de l’Eure-et-Loir : 34, mais restent très proches de Pussay : Gommerville, Grandville-Gaudreville, Oysonville ;

–         21 arrivent de Seine-et-Oise, dont 6 de Monnerville, les villes les plus éloignées étant Etampes et Allainville

–         3 du Loiret encore très proche.

Pour les mêmes raisons, les épouses sont essentiellement de Pussay hormis 11 d’entre elles :

–         6 de Seine-et-Oise : La-Ferté-Alais, Châlo-Saint-Mars et Richarville pour les plus éloignées ;

–         3 de l’Eure-et-Loir et 2 du Loiret.

L’origine reste toujours très localisée, presque plus qu’au 17ème siècle.

Période 1750-1799

Le nombre de mariage augmente sensiblement : 223 sur cette période, l’origine des époux étant inconnue pour 16 d’entre eux et 19 d’entre elles. 11